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Être plutôt que vouloir paraitre…

Le Père Yvon Samson, prédicateur de notre première retraite d’été 2016 : « Le guérisseur blessé », a demandé à 4 employées  du Centre d’enrichir sa prédication de leurs témoignages : « En quoi travailler au Centre Jean-Paul Régimbal enrichit ou modifie votre chemin de Foi ? »

Voici pour vous le premier de ces témoignages :

Je m’appelle Sylvie Dufresne, native de Waterloo,  je suis mère de 4 beaux grands enfants tous adultes maintenant et grand-mère de 6 petits enfants.  Je travaille ici au centre comme cuisinière et aide-générale depuis maintenant 5 ans.

Comment suis-je arrivée ici ?

Je connaissais déjà le centre pour y avoir fait quelques retraites et aussi pour y venir à l’occasion juste pour trouver un moment de calme, de paix, de prières et parfois même de force….

Puis alors que j’étais dans une période assez difficile, séparation, vente de maison, etc…  je décidais de venir m’installer à Granby, je m’éloignais pour ainsi dire de cette mauvaise période.  Je donnai donc ma démission au travail après 10 ans de service, sans avoir aucune idée où serait mon prochain travail.  Aucun diplôme, juste un équivalent de sec V en main, ayant travaillé surtout en restauration comme serveuse et aussi comme apprenti-cuisinière les 10 dernières années, c’est  toute confiante que je me lançais… je trouverais bien une place à Granby comme serveuse avec tous les restos… du moins c’est ce que j’espérais.

À travers tout ce chambardement, j’ai vécu la « retraite des femmes » du printemps de cette année là,  pour essayer de mieux me situer par rapport aux décisions que j’avais prises.  Je m’y étais inscrite comme ça, sans demander d’infos sur le thème, mais vraiment, confiante de trouver des réponses…  Quelle surprise en arrivant, le thème : « OSEZ BÂTIR DES PONTS, POUR MIEUX AVANCER. »

Ce fut comme si on avait bâti cette retraite sur mesure juste pour moi.

Je suis sortie de cette fin de semaine confiante, plus forte de mes décisions mais, quand même ¨un peu anxieuse¨ : déménager, changer de ville, changer d’emploi à 50 ans c’est quand même sortir un peu de sa zone de confort. Toujours est-il que, quelques recherches plus tard et le temps qui passe, j’arrive  presqu’au terme de mon emploi et toujours rien, je me réconforte en me disant qu’une semaine ou deux ça peut aller : ça me fera des vacances. Mais il ne faudrait pas que cela dure plus… je reste confiante.

Je terminais donc mon emploi le 2 juillet, et une semaine avant je reviens ici au centre pour rencontrer une religieuse, avec qui j’avais fait connaissance pendant la retraite. Je venais la rencontrer juste comme ça, pour jaser de tous mes changements quand,  juste avant de sortir elle me dit : « Tu serais pas cuisinière par hasard? »

– je n’ai pas de diplôme mais je me débrouille assez bien. »

Le matin même, un poste s’était ouvert en catastrophe et je commençais donc le 9 juillet, soit une semaine plus tard. (Même pas eu le temps de prendre des vacances).

Par contre, je dois vous avouer une chose : j’étais déçue parce que je souhaitais retourner comme serveuse et non comme cuisinière. J’avais le désir de retourner auprès des gens, de les servir. Le contact direct avec les clients me manquait énormément. Ce n’était donc pas le genre d’emploi que je recherchais.

Mais, toujours confiante et convaincue dans ma foi, j’acceptais le poste, du moins pour l’été, ce qui me donnerait le temps de regarder ailleurs.

J’en fis donc un acte de foi et dis au Seigneur :  « Ce n’est pas ce que je souhaite comme emploi, mais, je l’accepte. J’ai certainement quelque chose à y vivre, ou à y apprendre, je te fais confiance! »

Je vous épargne quelques  petits détails, mais pour moi c’était très clair : Il m’ouvrait une porte et m’y invitait bien librement,  j’en étais convaincue.

5 ans plus tard j’y suis toujours.

 

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Ici, je me sens à ma place : mon sens des valeurs se rapproche beaucoup de celui du centre. En travaillant ici j’ai trouvé  mon port d’attache, mon phare dans la nuit. J’y jette mon ancre à chaque jour en venant travailler. Ça me permet de rester branchée, connectée, non seulement au centre pour mon travail, mais au cœur même de ce  centre, ¨au cœur de mon cœur¨,  à Dieu lui-même, et ça pour l’ensemble de ma vie.

Même ici, dans cette maison, le travail n’est pas toujours facile, et comme ailleurs je suis confronté à des situations, des comportements,  des opinions,  des personnes différentes, mais j’apprends et je crois que c’est là ¨Son plan¨ pour moi, ou plutôt ¨je réapprends¨.

Avec le recul sur ces dernières années, cette offre d’emploi, il y a maintenant 5 ans fut pour moi l’opportunité de me reconstruire, d’apprendre à m’aimer moi-même, avec mes forces et aussi avec mes limites, apprendre à aimer les autres aussi avec leurs forces et leurs limites.  Devenir meilleure un peu plus chaque jour envers moi-même et envers mon prochain et non pas devenir… ¨la meilleure¨.

Servir avec amour et par amour a toujours été à la base de  mes valeurs personnelles.  J’ai toujours été une grande croyante.

Je n’ai pas vécu de grand drame à travers mon enfance : j’ai grandi dans la classe moyenne, une enfance +/- normale , mais j’ai  développé, permettez-moi l’expression,  «  le syndrome de Toute- puissance » : je devais être parfaite pour être aimée, ou du moins avoir l’air parfaite . C’est de cette façon, qu’avec ma foi en renfort, je me suis mise à l’abri, je me suis sentie  protégée. J’ai pris ma foi, ma vie, pour de l’acquis. Je n’avais pas grand-chose d’autre à faire que de jouer à la parfaite, du moins c’est ce que je croyais inconsciemment. Et un jour…mon univers  c’est effondré.

Aujourd’hui ÊTRE plutôt que vouloir paraître,  voilà Ma grande différence.

Selon moi, il ne suffit pas de croire, mais aussi d’agir, et agir, pour moi, devait commencer par  m’aimer moi-même : accepter que je ne pouvais pas avoir l’air parfaite tout le temps parce que je ne le suis pas, tout simplement.

Mon emploi au cours de ces dernières années m’a permis de cheminer dans ce sens.  Pour moi, rester branchée, connectée à La source, reste primordial et le centre m’en offre l’opportunité, que ce soit par mon accueil, mon travail en cuisine, avec mes collègues et les clients,  mais aussi en acceptant de me  joindre à un comité du centre, à un groupe de lecture ici-même qui m’a permis aussi de beaucoup cheminer, en assistant à des conférences,  bref en m’impliquant un peu plus que juste faire mon simple boulot. Je le fais en me respectant et en respectant mon entourage, ici et ailleurs, avec équilibre.

Voilà ce que je fais maintenant  de mon travail.

Dieu a toujours été au cœur de mon cœur, au cœur de ma vie en tout temps et de travailler ici me permet de mieux m’en rapprocher.

Il ne nous a pas promis la vie facile. La société dans laquelle nous vivons est dure et cruelle, mais avec Lui nous pouvons plus facilement passer au travers des difficultés. C’est pourquoi on doit se  donner les moyens, peu importe qui nous sommes, d’y rester connectés.  Voilà….

Sylvie Dufresne

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